Les émotions entre Ombre et Lumière! Chapitre III

Expression des Emotions. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychothérapie des émotions.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18

Les Emotions, entre Libre Expression, et Passage à l’Acte

Un des obstacle principal à la libre expression des émotions, est l’anticipation des conséquences. Typiquement, par exemple, je ressens de la colère, mais j’ai peur des conflits éventuels que son expression pourrait entraîner, ou bien j’anticipe que l’on me rejette ou que l’on ne m’aime plus si je manifeste mon agressivité, ou encore, je ne veux pas blesser l’autre… alors je refoule ma colère, je l’intériorise ou la retourne contre moi même et si je fais cela depuis l’enfance je peux même ne plus ressentir la colère du tout, car son refoulement est devenu un réflexe qui se manifeste instantanément.

Avec l’idée de l’acte auquel on associe l’émotion, s’accompagne des jugements de valeurs qui justement ne mettent pas ces émotions en valeur. Ce raisonnement est valable avec toutes sortes d’émotions, et ainsi certaines personnes pensent: « Si j’écoute ma tristesse, je vais pleurer et si l’on me voit on va me juger comme un faible… si j’écoute ma sensation de dé-pression je vais tomber dans un trou sans fond dont je risque de ne jamais me relever, je ne pourrais plus affronter les difficultés de la vie ce qui serait lâche de ma part… si j’écoute ma colère, je vais rougir ou me mettre à trembler et je peux finir par exploser, on me considérera comme quelqu’un qui n’a aucune maitrise » etc…

Autrement dit l’un des obstacle majeur qui se dresse entre moi et mes émotions, est la représentation et les valeurs à laquelle, ou auxquelles j’associe cette émotion et son expression ou son passage à l’acte. Une fois que l’on a associé intérieurement le bébé et le bain, on a vite fait de jeter l’un avec l’autre. Ainsi en rejetant les conséquences éventuelles supposées négatives, liées à l’expression ou la mise en acte d’une émotion, on rejette en même temps sans faire le tri, l’émotion elle même. Ce qui est une catastrophe, car les émotions sont des alliés, de véritables guides célestes, qui ne cherchent qu’à nous aidé à mieux traverser notre chemin de vie.

Pour réapprendre à valider ses émotions et mieux les apprivoisées, il va donc falloir d’abords réapprendre à séparer le bébé et l’au du bain. Le précieux « bébé » ce sont les émotions (quelqu’elles soient) et le bain lui, est composé de:

  • 1) le passage dans un acte physique qui risque d’être mal vécus
  • 2) les représentations négatives ou dévalorisées, ainsi que les jugements moraux qui en découlent

Et si je pouvais exprimer librement dans mon corps et mes mots, les émotions profondes qui m’habitent sans que je ne sois obligé d’en « faire » quoi que ce soi? Et si je m’apercevais du même coup, qu’exprimer « sans faire » entraîne de vraies actions intérieures et surtout un vrai entraînement à la gestion des émotions? C’est ainsi, que dans l’entraînement des sportifs de hauts niveaux on travaille par exemple la visualisation et la représentation imaginaire d’une future performance sportive pour préparer leurs corps et leurs circuits neuronaux. Sans « rien faire » juste en imaginant la situation, ils sont pourtant en train de préparer certains des circuits cérébraux impliqués dans la pratique physique réelle, dont on s’est aperçu qu’ils sont les même que lors de la pratique imaginée.

De la même manière, dans la sécurité de l’espace thérapeutique, libérer et partager ses émotions hors de toute situation réelle, sans d’autres buts que de vivre ses émotions en dehors des moments de réalités ou ils ont eu lieu la première fois, est l’entrainement dont vous avez besoin pour apprivoiser vos émotions. En thérapie, loin des interactions réelles avec le travail, les amours ou la famille, il ne peut plus y avoir de conséquences réelles immédiates chez les personnes concernées par nos émotions. Et sans conséquences, sans passage à l’acte possible, sans retours des personnes concernées, les jugements négatifs que l’on craint ou que l’on porte sur soi-même, n’ont plus de fondements. Il ne reste que l’émotion pure ressentie dans son corps. S’ouvre alors pour vous la possibilité d’explorer enfin toutes les autres portes intérieures sur lesquelles vos émotions essayent depuis si longtemps d’attirer votre attention. Sans les conséquences, et sans les jugements du mental, votre attention et votre conscience peuvent redevenir la clé d’une incroyable exploration de vous même…

A relire (Nos émotions entre ombres et lumières, Chap I)

A venir… (Nos émotions entre ombres et lumières, « les ressentis du thérapeutes », Chapitre IV)

P.A.M