Le Couple et l’Enfant Intérieur…

Psychothérapie de couple Paris. 7 rue Pierre Haret, Paris 9, Thérapie de couple Paris. couple et enfant intérieur.
Cabinet de Psychothérapie Paris 9, Paris 8, Paris 17, Paris 18

Un des moments culminant de la vie en couple, c’est la dispute. Ceux qui sont ensembles depuis suffisamment longtemps connaissent bien cet incontournable de la vie à deux. Dans le meilleur des cas, la dispute permet une sorte de purge. On exprime ce que l’on à a dire, quelques émotions, des frustrations ou des peurs et l’argumentation autour de tout cela est plus ou moins énergique selon les personnalités en présence. Dans le meilleur des cas donc, la dispute sert de soupape de sécurité. Elle permet de poser à plat deux ou trois choses importantes pour l’un ou l’autre, et un fois ceci fait, le temps que l’énergie et la fierté de chacun retrouve un niveau plus raisonnable, une réconciliation (d’autant plus agréable que la dispute ne l’a pas été) vient immanquablement dans les heures ou jours qui suivent. Dans  cette situation finalement, la dispute est au couple ce que le sifflet est à la cocotte -minute, un avertisseur bruyant qui nous averti qu’il est temps de lâcher la pression…

Mais qu’en est-il quand la dispute ne passe pas? Qu’en est-il lorsque malgré de multiples répétitions du même scénario, malgré toutes les tentatives de conciliation, la dispute ne résout rien et au contraire ne fait à chaque fois qu’envenimer un peu plus la situation? C’est en générale ce moment là de l’impasse répétitive qui peut amener le couple à envisager le sacro-saint chiffon rouge de la relation amoureuse: « la séparation ».

Cette dispute là, ce conflit récurrent dans votre couple, ne peut absolument pas être résolu par la communication classique ni par la compréhension intelligente. Car c’est exactement l’endroit ou se rencontrent, de manière absolument non-rationnelle, les deux enfants intérieurs blessés des deux partenaires. Imaginez deux adultes se faisant face, bras tendus, avec à l’extrémité de ces bras une petite fille ou un petit garçon abandonné(e) ou impuissant(e) qui cri ou qui pleure, sidéré(e)s de frustration et de peine face à un sentiment croissant d’injustice. Et croyez moi sur parole, pour avoir écouté beaucoup de couples, et y compris le mien, les deux partenaires ressentent à pleine puissance ce sentiment d’injustice croissant qui lui est fait. Sous des formes et des modes d’expression différents, les deux partenaires vivent en fait intérieurement la même chose en même temps, même si vous êtes persuadés que dans le jeu des causes à effets, c’est l’autre qui a commencé.

Combien d’entre vous ont ressenti cet endroit comme un endroit de folie, aux injonctions paradoxales, dont on ressent consciemment ou pas qu’aucune résolutions n’est possible, qu’aucunes réponses ne pourra satisfaire les demandes inconscientes cachées derrière les arguments conscients qui sont échangés. L’impasse provient de ce que chacun de vous deux, demande désespérément à l’autre de le comprendre, et aucun des deux n’est en mesure de le faire dans ce moment particulier ou il est en contact avec ses propres blessures personnelles, son propre enfant intérieur. Chacun, bras tendu présente son enfant à l’autre, « regarde comme je souffre, comme c’est injuste ce que je subi, fais quelque chose, comprends moi, protège moi, aime moi comme je mérite de l’être ».

Si comme moi vous voyez désormais la scène dans votre imaginaire, vous percevez alors facilement la cacophonie qui en découle. et il est évident que dans une telle situation, quoiqu’il soit dit, plus personne n’est en mesure d’écouter ou d’entendre, quel que soit la valeur des arguments présentés. Bien sûr dans la vrai vie, comme on ne perçois pas clairement ces deux petits enfants entre soi et son partenaire, on a juste l’impression d’essayer de communiquer rationnellement entre adulte en échangeant des arguments, mais quelque chose cloche pourtant puisque rien de rationnel n’arrive à sortir de tout cela. Ce qui entre les deux adultes ne fait qu’augmenter le désastre de l’incompréhension, de la folie et du non-amour. Ici, les arguments se changent potentiellement en reproches, pics, et autres amabilités qui ne font que souligner les blessures et les souffrances qui s’y rattachent. C’est un cercle vicieux qui ne peut rien amener de bon si on ne s’en rend pas compte…

Le plus surprenant, si vous observez désormais cette image de ce couple d’incompris en train de se battre avec leur deux enfants au milieu et à bout de bras, c’est que chacun essaye en fait de ce refiler le bébé. Quand vous maintenez votre enfant intérieur ainsi à bout de bras en présentant vos blessures et vos souffrances à l’autre, vous êtes en même temps en train de faire ce pour quoi vous souffrez en fait le plus. Vous êtes en train de le repousser, de le rejeter vers l’autre tout en clamant combien vous vous ressentez rejeter par ce dernier. Vous êtes en train de dire inconsciemment à votre enfant intérieur, « je ne peux pas m’occuper moi même de tes blessures et de tes souffrances », « c’est à lui ou à elle de s’en occuper », « et tant qu’il ou elle ne fera pas ce qu’il faut, tant qu’il ou elle ne me comprendra pas ou ne comprendra pas l’injustice qu’il ou elle me fait, je n’en démordrai pas, je ne bougerai pas d’un pouce, j’ai suffisamment fait d’efforts, je ne m’occuperais pas de toi moi-même, car tout est de sa faute, c’est à lui ou elle de réparer ».

Quand je place la faute ou la responsabilité de ce que je vis ou de ce que je ressent sur la tête de l’autre, même si je suis persuadé(e) que je suis la victime et que j’ai toutes les preuves pour me justifier, alors les seul effet immédiat et continu est que je place involontairement mon enfant intérieur dans une position impossible où le réconfort ne viendra ni de mon partenaire ni de moi. Et le plus grave dans tout cela n’est pas que l’autre ne puisse rien y faire, ce qui est en fait absolument normal vu qu’il aurait déjà fort à faire en s’occupant d’abords en priorité de son propre enfant intérieur. Non le plus grave c’est que vous vous dédouaner de votre coté, de la seule responsabilité qui est la votre, s’occuper vous même de votre enfant intérieur. Car justement vous êtes la seule personne qui puisse réellement ressentir et comprendre ce qu’il traverse, personne d’autre ne peut le faire à votre place si vous ne faite pas vous-même d’abords le premier pas. Le premier pas vers vous-même…

Dans ce sens là, le couple retrouve sa vraie dignité première. Non pas celui de vous prendre en charge, ni celui de vous rendre heureux, et donc surtout pas celui d’effacer magiquement les malheurs de votre enfant intérieur. Bien au contraire, ces disputes répétitives auxquelles vous vous heurtez, sont la contribution sans concessions du couple pour vous aider à ouvrir enfin les yeux sur toutes ces blessures qui ne sont qu’en apparence créées par l’autre, mais qui en fait existaient en vous à l’état latent et que la relation à l’autre dans le couple vous permet de révéler. Si vous vous cognez la tête c’est uniquement jusqu’à ce que vous repreniez enfin la responsabilité de cet enfant intérieur plutôt que de répéter encore et encore avec lui, en tendant vos bras loin de vous même, l’abandon qu’il a ressenti déjà bien avant que vous soyez en couple.

Imaginez vous maintenant ce même couple, ensemble au coeur de la tempête, arrêtant de s’acharner l’un sur autre, repliant enfin leur bras vers eux-même, rapprochant alors naturellement leur enfant respectif vers Soi. Ici commence une toute autre aventure, celle de la prise de conscience et de respect de soi réintégré dans ce que le couple ne devrait jamais cesser d’être, un partage sans demandes, où deux êtres responsables marchent cote à cote avec leur propre enfant main dans la main.

P.A.M

A lire aussi « Comment faire avec son enfant intérieur? »

« Et si dans le couple chacun était responsable à 100 % »

« Richard le Renard ». Conte pour l’enfant intérieur.

Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Conte pour l'enfant intérieur.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18

Richard est un renard, un fin limier de l’adaptabilité. Depuis petit déjà il s’adapte, et trouve tous les détours pour suivre les chemins que l’école et la société ont dessiné pour lui. Sur le tableau noir d’une vie sans espoirs tout est déjà tracé. Et s’il veut être aimé il faudra bien suivre ce qui a été décidé. Puisqu’il n’y a pas d’échappatoires, puisqu’on l’oblige à y croire et à oublier ce qui le fait rêver, puisqu’il a des capacités, il apprend bon soldat, à se taire, à plaire et  à faire, tous ses devoirs.

Renard sans savoirs, il se perd petit à petit dans les couloirs de la réussite et de la gloire, pour le pâle reflet de la lumière enamourée des stars, du strass, et des médailles sans mémoires. En grandissant Richard à réussi, il gagne des millions, et cours de poules en poules pour sortir de la foule. Richard à le melon, la tête comme un oignon, gonflé d’un orgueil sans nom, il tourne et tourne en rond. Coupé de lui même, dans la drogue, l’alcool et le sexe sans fond. Et le reste du temps, il travail. Dans sa « Boîte » il fait de l’argent, et brûle, brûle, brûle, tout son talent.

Richard s’est marié, et à trois enfants qu’il ne voit pas car il n’a pas le temps. Il cours, il vole, construit de grands projets pour surtout ne pas s’arrêter et se mettre à penser à tout ce temps qui cours, qui vole et qui lui non plus ne s’arrête pas de filer entre ses doigts. La pause est insensée, pas le temps de respirer et surtout pas méditer, se retrouver, cette partie de Soi oubliée, si loin déjà dans son passé.

Depuis son accident pourtant, à cinquante ans, depuis que l’espace d’un instant, son coeur s’est éteint, et son corps impuissant est tombé sans frein. Depuis ce moment il comprend, lentement, que réver aussi c’est tentant, qu’il peut être ivre de vivre et avancer tout en même temps. D’abords en colère, pestant de ce qui lui arrive, sa dernière attaque lui a fait lâcher prise. La mort, puissant calmant, met la pause à toutes les hégémonies, toutes les volontés d’entreprises.

Alors forcé, il a saisi chaque moment de rab’, chaque supplément de souffle. Pas après pas, le mort redevient vivant et dans son corps pour la première fois, il tient de nouveau la main de cet enfant oublié depuis si longtemps. A chaque précieux contact, il parle à cet enfant et lui chuchote doucement, des mots durs et exigeants tout d’abords, longtemps. Puis petit à petits, des mots charmants et de plus en plus souvent. Il en a fallu du temps pour se retrouver, le temps pour se rebeller, pour ruer et se cabrer sous la charge des responsabilités imposées. Il en fallu du temps pour chuchoter plutôt que de hurler, du temps pour écouter plutôt que de bruler, du temps pour s’arrêter et regarder, sentir, jouer, plutôt que d’agir pour agir, sans raisons et sans buts profonds.

Richard est retourné dans son terrier, là ou sont ses racines et ses affinités, dans une terre chaude et protégée. La vraie sécurité d’une terre qu’il peut enfin apprendre à cultiver. Il ne sait pas encore ce qui va y pousser, mais il aime à imaginer, il a retrouvé la patience et la curiosité. Face à l’immensité, l’inconnu devient possibilités et la peur devient sérénité. L’agitation c’est enfin calmée…

P.A.M

A lire aussi « Gaspard le Hérisson » Conte pour l’enfant intérieur »

« Albert le Coléoptère » Conte pour l’enfant intérieur »

Le Couple ne rend pas Heureux. Part I

7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychothérapie de Couple. Être Heureux en Couple.
Cabinet de Psychothérapie Paris 9, Paris 8, Paris 17, Paris 18

Dans un précédent article je posait une première règle de Vie en Couple, « prendre 100% de responsabilité pour ses propres actes, comportements et vécus émotionnels« . Et ceci quelque soit la causalité que l’on attribue à l’autre. Pas toujours facile mais extrêmement enrichissant quand on entre sur ce chemin de prendre ses responsabilités plutôt que de rejeter la faute sur l’autre. Et comme tout ce que j’écris, je ne prétends par avoir « réaliser » définitivement et totalement ce chemin moi même. Mais simplement être dessus, en recherche moi aussi, avec mes propres obstacles personnels, sachant de toutes mes tripes que c’est le chemin à suivre. Car j’observe tous les jours, et dans ma vie et dans mon travail, les bénéfices réels de cette prise de conscience.

 Pour être plus apaisé dans son couple explorons une autre règle importante, c’est d' »arrêter de croire que c’est votre couple ou l’autre membre de votre couple qui peut ou doit vous rendre heureux!!! ». 

On aura aussi dans un autre temps à circonscrire ce qu’ « être heureux » veut dire, je ne développerait pas maintenant. Mais il est clair pour moi que cela à véritablement à voir avec être de plus en plus ici et maintenant conscient, dans l’instant présent en relation avec Soi même, les autres, le monde et l’Univers. Ici le couple est un formidable (difficile, mais formidable) moyen d’exploration de ce chemin, mais ce n’est pas le seul et toutes les formes d’exploration relationnelle, au monde ou aux autres êtres vivants, est un chemin de réalisation de Soi.

Alors, vous qui souhaitez « alléger » votre relation de couple, commencez donc par cela: « Personne d’autre que vous-même (Soi-m’aime) ne peut vous rendre heureux »! On peut se faire plaisir bien sûr, s’entraider, et s’appuyer sur l’autre momentanément quant c’est nécessaire, améliorer le quotidien par de petites ou de grandes attentions, et cela peut participer à votre bien-être car cela ne gâche rien de se faire plaisir mutuellement. Mais attention ne confondez pas, dés que vous pensez que c’est l’autre qui vous rend heureux vous entrez inconsciemment dans une équation qui implique automatiquement que l’autre à alors aussi, le pouvoir de vous rendre malheureux. Ce qui, sans le savoir, dés le début, prépare votre malheur futur, en déposant au pied d’un autre être vivant ce qui pourtant est une capacité qui n’appartient en propre qu’à vous même. Car la capacité d’être heureux, et dans l’amour, pour soi-même et par soi même, appartient à chacun. Et je ne parle pas ici d’Ego-centrisme, bien au contraire, mais d’une véritable capacité de joie et d’amour inconditionnelle avec laquelle nous naissons et que nous pouvons apprendre à reconnecter. Une capacité qui est clairement liée à « la relation », (je ne le répéterai jamais assez, à vous comme à moi même, les auto-piqures de rappel sont quelque fois nécessaires…).

Une capacité, que tous ceux qui ont élevé des enfants ont observé chez leur progéniture, l’art d’être « heureux » est naturelle chez un enfant et peut se produire dans la qualité de la relation avec tout être et toutes choses (fleurs, animaux, insectes, humains et situations diverses et variées de la vie quotidienne etc…). Et ceci, sans obligation aucune de fixation sur une relation unique sensée être la seule à pouvoir apporter cela. Pour un enfant, tout le fait, tout est ouvert à la relation. Ceci est simple, accessible et évident pour n’importe quel bébé ou enfant en bas âge et se voile progressivement avec les années pour que petit à petit ne demeure de cette capacité qu’un aspect et une vision limité, restreinte, supposée être unique et liée à une seule personne, papa, maman, mon fils, ma fille, mon mec, ma nana. Bref une possessivité qui défi contre toute rationalité l’universalité de ce qui nous habite tous.

Bonheur et joie de vivre appartienne universellement à tous le monde et seul le retour, même progressif vers cette conscience des choses peut vous sortir de l’impasse relationnelle et névrotique dans lequel cette croyance possessive nous place. Beaucoup d’entre vous perçoivent déjà ce que j’entends par impasses lorsque l’on est habité par les croyances suivantes. Que se soit: « seuls mes parents peuvent me donner la reconnaissance et l’amour dont j’ai besoin », ou encore son corollaire réactivé dans la relation amoureuse « seul lui ou elle, peut me rendre heureux et donc aussi me donner la reconnaissance dont j’ai besoin ». Tu me rendait heureux, tu ne le fais plus, pourquoi fais tu cela?, pourquoi tu changes? tu me rends malheureux!!!… Ces croyances s’associent automatiquement avec tout le cortège de déceptions et reproches inévitables qui finiront par s’accumuler de par et d’autre. Car cette représentation inconsciente de l’amour nous installe obligatoirement dés le départ dans un jeu de dupe et un cercle vicieux qui ne cessera que lorsque cette fausse représentation cessera elle même, ou tout du moins commencera à s’estomper.

Lorsque la rencontre est encore « fraiche » et que l’on est sur son petit nuage, ce n’est pas l’autre spécifiquement qui vous rend heureux, bien que nous ayons tous immédiatement tendance à l’associé à une personne précise. Il s’agit, comme pour la naissance d’un enfant, d’une sensation universellement vécu par tous les êtres humains de la planète. Il est donc complètement subjectif et irrationnel de croire que le bonheur est quelque chose que cet autre précis nous donnerait. Il est bien plus enrichissant de plutôt considérer que cet relation avec cet autre précis dévoile un accès au bonheur et à l’Amour qui n’a jamais cesser d’être là, et qui nous rappel en passant que cet accès passe par la relation avec l’autre.

Alors, pourquoi avons nous « oublié »?

L’amour inconditionnel est présent initialement, c’est un lien qui uni tous les êtres humains, tout être et toutes choses en fait dans l’Univers. Tous les bébé du monde aiment inconditionnellement, et cet amour ensuite s’attache à des personnes précises de leur environnement quotidien. La relation à la mère est par exemple, le lieux où ce contact avec l’Amour inconditionnel est potentiellement le plus puissamment dévoilé. Et la encore, comme pour la rencontre amoureuse, il y a dans la rencontre avec le nouveau né un dévoilement de la capacité d’amour et de joie qui se révèle à nos coeurs d’adultes ébahis, qui est universel, mais que l’on va associé exclusivement à la personne, l’enfant ou le parent dont la rencontre coïncide au dévoilement de cette capacité.

Pour le bébé, cette capacité inné à l’amour va se voiler progressivement au contact d’un mental humain dont les représentations envoient de nombreux messages contradictoires. Messages qui très vite voilent cette capacité universelle inconditionnelle par des injonctions d’amour conditionnel. Un certain nombre de « transactions » viennent remplacer l’inconditionnel par certaines obligations, devoirs, rôles, à commencer par celui du bon ou du mauvais fils ou fille. Certains comportements ou émotions nous rendent aimables ou pas aux yeux de nos parents et de la société, selon des considérations culturelles, morales ou religieuses qui sont on ne peut plus conditionnelles. Souvent même des conditions d’un passé qui n’est même plus d’actualité. On commence très tôt à apprendre que l’on est accepté qu’à certaines conditions, qu’il va falloir « gagner sa vie » alors qu’elle nous était donnée à la naissance. Et dés que l’on attache cette capacité d’amour et de bonheur à une personne précise qui nous la « donne », comme nos parents qui nous auraient soit-disant « donner la vie », alors commence le long cercle vicieux de la dépendance affective. Si mes parents me l’ont donné, et donc l’amour aussi, ils peuvent me l’enlever, et par ombre portée, amour, respect, considération pourront plus tard être donné ou repris par mon prof, mon boss, ma société, ma femme, mon mari etc…

Dans la rencontre amoureuse tout ce mic-mac du dé-voilement et re-voilement de l’Amour se rejoue en quelques mois. La rencontre amoureuse fonctionne alors comme une re-naissance, comme si l’on se souvenait de nouveau. Mais en étant persuadé, car on en a perdu la mémoire, que c’est quelque chose de nouveau qui arriverait encore pour la première fois. Cette porte ré-ouverte sur l’amour inconditionnel va rapidement se référmer aussitôt que la représentation « tu me rends heureux » va pointer son nez. « Tu me rends heureux », soutient implicitement que cette capacité au bonheur, ce contact naturel avec l’amour ne m’appartient pas en propre. Et donc que, de ce que tu vas faire ensuite, va dépendre le crédit d’amour que je me porte à moi même. Vous avez compris, ici l’adulte que nous sommes vient juste de rejouer en raccourci tout ce qui s’était inscrit dans sa vie d’enfant de ce voilement de l’Amour inconditionnel initial, en amour dépendant, conditionnel et conditionné.

Alors quoi faire désormais si on l’a pris conscience de tout cela? Soyez patient, la suite au prochain chapitre…

P.A.M

à suivre… Chapitre Deux, « Le Couple ne rend pas heureux, mais… » ou « Comment mieux vivre la synergie du couple? »

Des Pères et Mères « il y en a partout »!

Des Enfants, des Pères et des Mères. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

Comment ouvrir les yeux sur nos demandes intérieures, les valider par nous-même, et les ré-adresser aux bonnes personnes. Vers une autre et bien meilleur lecture de son Estime de Soi.

Des Pères et des Mères « Everywhere »!

Une des plus grande difficultés pour avancer par rapport à ses besoins existentiels profonds, c’est d’apprendre à lâcher prise sur les personnes supposées être celles qui devraient répondre à ces besoins. En l’occurrence pour résumer, Papa et Maman.

Bébé nous naissons à notre potentiel maximum de connexion avec l’environnement, tout en étant complètement démunis et absolument dépendants des adultes qui serviront d’intermédiaires entre le monde et nous. Le type d’accompagnement et d’écoute dont nous serons entourés aura une influence capitale sur notre développement existentiel.

Sur ce plan là, aussi blessés que certains ont pu l’être par leur enfance ou leur adolescence, la référence à une enfance parfaite est illusoire, tout le monde porte un karma d’histoire, qu’elle soit personnelle ou trans-générationelle, qui n’est jamais faite uniquement d’empathie, de bienveillance et d’accompagnement créatif, loin s’en faut. A ce sujet là, l’histoire de l’éducation des enfants, du Moyen Age jusqu’à nos jours est édifiante, être à l’écoute des besoins des enfants est une invention très récente dans l’histoire des l’hommes…

Que se passe t-il alors, lorsqu’un enfant (consciemment ou non…) ne se sent pas écouté ni accompagné dans un besoin existentiel profond? Il arrive le plus souvent, que l’enfant en déduise, que si cette écoute ou cet accompagnement n’arrive pas, c’est que ce qu’il demande, ce dont il a besoin, n’est pas valide, n’est pas légitime, n’a pas d’intérêt, est quelque chose qu’on doit maintenir sous silence, interdit, tabou, voir même dangereux pour les adultes qui l’entourent. Quelque soit l’accompagnement, maladroit, inexistant, méprisant, humiliant, violent, pervers, punisseur, la conclusion reste la même, pour « survivre », « faire plaisir », « ne pas déranger », « être aimer » etc… mieux vaut peut être faire disparaitre, modifier, camoufler, refouler ce besoin qui sera donc désormais tatouer du sceaux de la dévalorisation, de la disqualification, de l’illégitime, d’honteux, de dégoutant, d’inexistant, ou encore indécent etc…

Le problème, c’est que lorsqu’il s’agit d’un besoin existentiellement capital pour l’enfant, cela se résume à continuer à vivre en niant une partie essentielle de soi même. Il arrive que l’on puisse vivre des années sans en avoir conscience car c’est devenu une normalité pour nous même, mais les conséquences finissent toujours par s’exprimer tôt ou tard sous la forme de symptômes dont il n’est pas toujours facile d’identifier l’origine. Certains de ces symptômes non « résolus » du vivant de la personne, seront tout simplement passés à la génération suivante: « Bonne chance mon fils, bonne chance ma fille »…

Le premier traumatisme est celui de ne pas trouver l’accompagnement adéquat à la bonne évolution de son besoin, le second traumatisme plus grave encore est celui de rejeter soi même son propre besoin ou de le vivre dans la difficulté en intégrant l’absence d’accompagnement comme une conclusion normale de son problème. Je ne peux pas l’avoir, donc je ne l’aurais jamais et si cela me remonte à la gorge je continuerai à l’adresser aux même personnes, ou au même type de personnes, qui restent dans l’impossibilité de me le donner, me condamnant moi même à une perpétuelle insatisfaction.

Voilà donc la vraie impasse, on refoule en général nos besoins en même temps que l’absence de réponse à ses besoins, et on en reste souvent bloqué là, dans le renoncement ou la perpétuelle déception. C’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain si j’ose dire!

Pourtant le problème n’est pas le besoin intime profond qui m’habite depuis l’enfance, le problème vient, de savoir à qui l’adresser. La plupart du temps, même quand je renonce à mes propres parents, je continue à faire mes demandes souvent à des personnes que je choisi inconsciemment pour qu’elles soient elles aussi, comme mes parents, dans l’incapacité d’y répondre (un autre membre de ma famille (frères et soeurs par ex…) mon conjoint ou ma conjointe, ou encore mon boss, mon prof, mon docteur, ou n’importe qu’elle figure d’autorité etc…).

L’échec vient que secrètement, je les choisis avec l’idée sous jacente que la validation de mon besoin viendra de l’extérieur, et que se sera quand et seulement quand on me le donnera que je me sentirai enfin compris, légitime et satisfait. « Wrong Number!!! », cette idée (souvent non dite…) à elle seule suffit pour que l’adresse soit toujours la mauvaise, et que le colis vous revienne dans la figure.

En effet, si vous voulez du pain, et que vous vous accrochez désespérément à l’idée que c’est votre boucher qui doit vous le donner, vous risquez de régulières déconvenues… Si vous vous adressez à la mauvaise personne (ou toujours le même type de personne, »et si je demandait au charcutier pour changer… ») c’est parce que dés le départ vous aviez intégré sans le savoir que vous n’aurez pas ce que vous voudrez ce qui nourrira encore plus votre rancoeur envers le pauvre boucher qui vous répète depuis si longtemps qu’il n’en a pas pour vous. Vous êtes alors condamné(ée) à rejouer des scénarios fermés et répétitifs. Et qu’elle dommage si en plus vous finissez par renoncer à votre besoin de pain (je n’adresserai plus jamais de demande à personne, c’est trop décevant, trop douloureux, toujours le même scénarios, la même fin qui se répète..).

Comment faire sans les Pères et Mères de notre naissance.

Les choses commenceront à changer le jour ou vous réaliserez que votre demande est légitime que vous ne souhaitez pas y renoncer que ce n’est tout simplement pas la bonne adresse. Il ne vous restera plus qu’à vous mettre enfin en quête d’une boulangerie à laquelle porter votre demande de pain. Dans cet exemple, ce n’est pas le boulanger qui validera votre besoin de pain, c’est vous même, il s’en suit un processus actif, vous trouverez du pain parce que vous n’attendez plus qu’on vous l’autorise et parce que vous allez le chercher au bon endroit. Identifier « le bon endroit » est affaire de processus, de temps et de reconstruction de l’Ecoute et de l’Estime de Soi.

Avec l’expérience, votre estime de vous-même grandissante, vous pouvez même apprendre à vous adresser à de meilleurs boulangeries…

Notre problème devient donc:

1) Identifier mes besoin existentiels profonds insatisfaits

2) Apprendre à les re-qualifier, les re-valoriser comme normaux et essentiels à notre bon développement futur. C’est à dire prendre plus intimement conscience que les êtres humains qui étaient censés le faire, n’ont pas pu, non pas parce que cela ne valait rien, ou que « Je » ne valait rien, mais parce qu’ils avaient eux même leurs casseroles, leurs histoires d’enfance, leurs handicaps émotionnels, leurs peurs et autres points aveugles et tabous tatoués dans la chair de leur propre éducation sociale, culturelle, religieuse etc…

3) Apprendre, en même temps que la confiance en Soi, à mieux écouter, définir, et mieux adresser, ses besoins, aux bonnes personnes, c’est à dire dans le bon cadre et sous la bonne forme, pour que la chance de succès augmente petit à petit et que les cercles vicieux de la déception se transforme en cercle vertueux de la réussite relationnelle.

Et là, bien sûr la première personne à qui adresser votre besoin, c’est vous même!!!

Le jour où vous vous valider enfin par l’écoute et l’attention que vous vous portez à vous même (Cf Qu’est ce que l’Enfant Intérieur?), et que dans le même temps vous lâcher réellement prise sur l’idée que vos parents sont les seuls responsables et donc les seuls à pouvoir réparer, alors seulement vous pouvez commencer à découvrir que vous pouvez trouver des Mères et des Pères partout autour de vous! En effet, il suffit d’ouvrir les yeux pour trouver des personnes vers lesquels il est au moins partiellement possible d’adresser sa demande. Cela peut être n’importe qui, certaines de ces personnes auront à coeur de vous accompagner sur certains aspects de vos besoins, et d’autres personnes vous accompagneront sur d’autres aspects, l’important est de ne rien forcer, les demandes se font naturellement au fur et à mesure où l’on sent que la nature de la relation le permet et dans le respect de ce que chacun est vraiment prêt à mettre dans cette relation d’échange. Dans cette configuration et seulement dans cette configuration tout le monde peut y trouver son compte, il peut être aussi gratifiant d’être accompagner que d’être celui qui accompagne.

Nous sommes tous les jours entourés de gens de tous âges qui peuvent, même momentanément, jouer un rôle parental sans que la personne ne devienne réellement un père ou une mère, juste quelqu’un qui s’intéresse, ou se sent pour quelque minutes impliquer dans votre problématique. N’importe qu’elle rencontre de qualité peut jouer ce rôle dans notre vie, et si ils ne sont plus limités à papa et maman, alors les possibilité deviennent infinies…

Alors ouvrez les yeux, ouvrez votre coeur d’abords à vous même, et les « bonnes » personnes deviendront beaucoup plus évidentes dans votre regard renouvelé…

P.A.M