Le Couple ne rend pas Heureux. Part I

7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychothérapie de Couple. Être Heureux en Couple.
Cabinet de Psychothérapie Paris 9, Paris 8, Paris 17, Paris 18. Psychothérapie de Couple méthode R.C.I  (Résonance Corporelle Intuitive) sous Hypnose

Dans un précédent article je posais une première règle de Vie en Couple, « Prendre 100 % de responsabilité pour ses propres actes, comportements et vécus émotionnels« . Et ceci quelle que soit la causalité que l’on attribue à l’autre. Pas toujours facile mais extrêmement enrichissant quand on entre sur ce chemin de prendre ses responsabilités plutôt que de rejeter la faute sur l’autre. Et comme tout ce que j’écris, je ne prétends pas avoir « réalisé » définitivement et totalement ce chemin moi-même. Mais simplement être dessus, en recherche moi aussi, avec mes propres obstacles personnels, sachant de toutes mes tripes que c’est le chemin à suivre. Car j’observe tous les jours, et dans ma vie et dans mon travail, les bénéfices réels de cette prise de conscience.

Pour être plus apaisé dans son couple explorons une autre règle importante, c’est d' »arrêter de croire que c’est votre couple ou l’autre membre de votre couple qui peut ou doit vous rendre heureux ! » 

On aura aussi dans un autre temps à circonscrire ce qu’ « être heureux » veut dire, je ne développerais pas maintenant. Mais il est clair pour moi que cela a véritablement à voir avec être de plus en plus ici et maintenant conscient, dans l’instant présent en relation avec le Soi, les autres, le monde et l’Univers. Ici le couple est un formidable (difficile, mais formidable) moyen d’exploration de ce chemin, mais ce n’est pas le seul, et toutes les formes d’exploration relationnelle, au monde ou aux autres êtres vivants, est un chemin de réalisation de Soi.

Alors, vous qui souhaitez « alléger » votre relation de couple, commencez donc par cela : « Personne d’autre que vous-même (Soi-m’aime) ne peut vous rendre heureux »! On peut se faire plaisir bien sûr, s’entraider, et s’appuyer sur l’autre momentanément quand c’est nécessaire, améliorer le quotidien par de petites ou de grandes attentions, et cela peut participer à votre bien-être car cela ne gâche rien de se faire plaisir mutuellement. Mais, attention ! Ne confondez pas ! Dès que vous pensez que c’est l’autre qui vous rend heureux, vous entrez inconsciemment dans une équation qui implique automatiquement que l’autre a alors aussi le pouvoir de vous rendre malheureux. Ce qui, sans le savoir, dès le début, prépare votre malheur futur, en déposant au pied d’un autre être vivant ce qui pourtant est une capacité qui n’appartient en propre qu’à vous-même. Car la capacité d’être heureux, et dans l’amour, pour soi-même et par soi-même, appartient à chacun. Et je ne parle pas ici d’Ego-centrisme, bien au contraire, mais d’une véritable capacité de joie et d’amour inconditionnelle avec laquelle nous naissons et laquelle nous pouvons apprendre à nous reconnecter. Une capacité qui est clairement liée à « la relation » avec la vie sous toutes ses formes, (je ne le répéterai jamais assez, à vous comme à moi-même, les auto-piqûres de rappel sont quelquefois nécessaires…).

Une capacité, que tous ceux qui ont élevé des enfants ont observé chez leur progéniture, l’art d’être « heureux » est naturelle chez un enfant et peut se produire dans la qualité de la relation avec tout être et toute chose (fleurs, animaux, insectes, humains et situations diverses et variées de la vie quotidienne, etc.). Et ceci, sans obligation aucune de fixation sur une relation unique sensée être la seule à pouvoir apporter cela. Pour un enfant, tout le fait, tout est ouvert à la relation. Ceci est simple, accessible et évident pour n’importe quel bébé ou enfant en bas âge et se voile progressivement avec les années pour que petit à petit ne demeure de cette capacité qu’un aspect et une vision limités, restreints, supposés être uniques et liés à une seule personne, papa, maman, mon fils, ma fille, mon mec, ma nana. Bref, une possessivité qui défie contre toute rationalité le potentiel d’amour universel qui nous habite tous.

Bonheur et joie de vivre appartiennent donc universellement à tout le monde et seul le retour, même progressif vers cette conscience des choses, peut vous sortir de l’impasse relationnelle et névrotique dans laquelle cette croyance possessive nous place. Beaucoup d’entre vous perçoivent déjà ce que j’entends par impasses lorsque l’on est habité(e) par les croyances suivantes. Que ce soit : « Seuls mes parents peuvent me donner la reconnaissance et l’amour dont j’ai besoin », ou encore son corollaire réactivé dans la relation amoureuse « seul lui ou elle, peut me rendre heureux(se) et donc aussi me donner la reconnaissance dont j’ai besoin ». « Tu me rendais heureux(se), tu ne le fais plus, pourquoi fais-tu cela?, pourquoi tu changes ? Tu me rends malheureux(se) !… » Ces croyances s’associent automatiquement avec tout le cortège de déceptions et reproches inévitables qui finiront par s’accumuler de par et d’autre. Car cette représentation inconsciente de l’amour nous installe obligatoirement dès le départ dans un jeu de dupe et un cercle vicieux qui ne cessera que lorsque cette fausse représentation cessera elle-même, ou tout du moins commencera à s’estomper.

Lorsque la rencontre est encore « fraîche » et que l’on est sur son petit nuage, ce n’est pas l’autre spécifiquement qui vous rend heureux, bien que nous ayons tous immédiatement tendance à l’associer à une personne précise. Il s’agit, comme pour la naissance d’un enfant, d’une sensation universellement vécue par tous les êtres humains de la planète. Il est donc complètement subjectif et irrationnel de croire que le bonheur est quelque chose que cet autre précis nous donnerait. Il est bien plus enrichissant de plutôt considérer que cette relation avec cet autre précis dévoile un accès au bonheur et à l’Amour qui n’a jamais cessé d’être là, et qui nous rappelle en passant que cet accès passe par la relation avec l’autre.

Alors, pourquoi avons-nous « oublié » ?

L’amour inconditionnel est présent initialement, c’est un lien qui unit tous les êtres humains, tout être et toute chose en fait dans l’Univers. Tous les bébés du monde aiment inconditionnellement, et cet amour ensuite s’attache à des personnes précises de leur environnement quotidien. La relation à la mère est, par exemple, le lieu où ce contact avec l’Amour inconditionnel est potentiellement le plus puissamment dévoilé. Et là encore, comme pour la rencontre amoureuse, il y a dans la rencontre avec le nouveau-né un dévoilement de la capacité d’amour et de joie qui se révèle à nos coeurs d’adultes ébahis qui est universel, mais que l’on va associer exclusivement à la personne, l’enfant ou le parent dont la rencontre coïncide au dévoilement de cette capacité.

Pour le bébé, cette capacité innée à l’amour va se voiler progressivement au contact d’un mental humain dont les représentations envoient de nombreux messages contradictoires. Messages qui très vite voilent cette capacité universelle inconditionnelle par des injonctions d’amour conditionnel. Un certain nombre de « transactions » viennent remplacer l’inconditionnel par certaines obligations, devoirs, rôles, à commencer par celui du bon ou du mauvais fils ou fille. Certains comportements ou émotions nous rendent aimables ou pas aux yeux de nos parents et de la société, selon des considérations culturelles, morales ou religieuses qui sont on ne peut plus conditionnelles. Souvent même des conditions d’un passé qui n’est même plus d’actualité. On commence très tôt à apprendre que l’on est accepté qu’à certaines conditions, qu’il va falloir « gagner sa vie » alors qu’elle nous était donnée à la naissance. Et dès que l’on attache cette capacité d’amour et de bonheur à une personne précise qui nous la « donne », comme à nos parents qui nous auraient soi-disant « donné la vie », alors commence le long cercle vicieux de la dépendance affective. Si mes parents me l’ont donnée, et donc l’amour aussi, ils peuvent me l’enlever, et par ombre portée, amour, respect, considération pourront plus tard être donnés ou repris par mon prof, mon boss, ma société, ma femme, mon mari, etc.

Dans la rencontre amoureuse, tout ce micmac du « dé-voilement » et « re-voilement » de l’Amour se rejoue en quelques mois. La rencontre amoureuse fonctionne alors comme une « re-naissance », comme si l’on se souvenait de nouveau. Mais en étant persuadé, car on en a perdu la mémoire, que c’est quelque chose de nouveau qui arriverait encore pour la première fois. Cette porte ré-ouverte sur l’amour inconditionnel va rapidement se refermer aussitôt que la représentation « tu me rends heureux(se) » va pointer son nez. « Tu me rends heureux(se) », soutient implicitement que cette capacité au bonheur, ce contact naturel avec l’amour ne m’appartient pas en propre. Et donc que, de ce que tu vas faire ensuite, va dépendre le crédit d’amour que je me porte à moi-même. Vous avez compris, ici l’adulte que nous sommes vient juste de rejouer en raccourci tout ce qui s’était inscrit dans sa vie d’enfant de ce voilement de l’Amour inconditionnel initial, en amour dépendant, conditionnel et conditionné.

Alors quoi faire désormais si l’on a pris conscience de tout cela? Soyez patient, la suite au prochain chapitre…

P.A.M

à suivre… Chapitre Deux, « Le Couple ne rend pas heureux, mais… » ou « Comment mieux vivre la synergie du couple? »

Angoisse, à quoi tu sers? Chap III

Accompagner sa peur, gérer son Angoisse. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychothérapie de l'angoisse, gestion du stress
Rencontrer un Psychologue Holistique, Psychothérapie Psycho-Corporelle. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

Comment faire Avec votre Angoisse ? Chapitre III

À un certain moment il faut considérer l’angoisse comme une alliée, qui détient une somme d’informations qu’elle cherche à nous délivrer; moins on veut l’écouter, plus on veut la fuir, et plus elle va se faire entendre, car les messages en question sont capitaux pour la conduite de notre existence. (Bien sûr s’écouter est, pour beaucoup d’entre nous, quelque chose qui doit patiemment se réapprendre…) Du coup ce qui pourrait passer en douceur, si notre écoute de nous-même, notre bienveillance pour nous-même était au niveau adéquat, va devenir une sirène qui nous crie douloureusement dans le corps qu’il est temps de ne plus faire la sourde oreille….

Écouter son angoisse, c’est tout le contraire de la subir en espérant qu’elle se taise le plus vite possible. Mais, pour écouter son angoisse, deux conditions de base sont nécessaires :

  1. Un minimum de prise de conscience qu’il y a bien quelque chose à entendre derrière le bruit apparent. Ce qui implique la volonté d’aller explorer dans une attitude très différente beaucoup plus proche de la curiosité que de la peur, la fuite, la tétanie ou la lutte.
  2. Un espace de sécurité suffisant (condition sine qua non!) pour pratiquer cette exploration dans les meilleures conditions possibles. Il faut pour cela un temps et un lieu où vous ne serez ni en danger, ni dérangé, ni jugé, ni en obligation d’action quelle qu’elle soit. Si vous pouvez en plus partager en vous sentant sereinement accompagner vous avez alors la clef maîtresse de ce qu’est une psychothérapie.

Le travail se fait alors comme une exploration spéléologique dans le partage, la parole et la descente de plus en plus profonde dans les sensations du corps, quelles que soient ces sensations même les plus désagréables. L’on revit en général de l’intérieur, assez facilement, son angoisse rien qu’en évoquant à son esprit la ou les situations anxiogènes. La différence avec ce que l’on subit habituellement s’est qu’on le fait ici volontairement, loin de toute réalité factuelle anxiogène et sans qu’il n’y ait aucune conséquence particulière autre que la possibilité d’apprivoiser tranquillement les sensations dans le corps. Quand je dis « pas de conséquences particulières », cela implique que vous n’avez pas à supporter en plus ce que ces crises peuvent habituellement entraîner dans la relation avec les autres. Ni leurs réactions de protection, ni leurs incompréhensions, ni leurs peurs ou leurs violences réactionnelles, ni leurs indifférences, ni même vos tentatives éventuelles de cacher vos crises pour vous protéger ou les protéger de toutes ces conséquences réactionnelles.

Ensuite seule l’expérience peut vous aider à comprendre de l’intérieur les résultats et l’intérêt de ce dispositif d’écoute thérapeutique. En effet, il n’est pas simple d’expliquer ce que l’on retire de ce type d’écoute et de partage dans son corps, car c’est un peu comme tenter de décrire le goût d’une pomme, le seul moyen de savoir s’est d’essayer. Dans notre cas c’est seulement essai  après essai, étape par étape, que l’on va percevoir le changement progressif mais radical que cela peut entraîner..

Par cet apprentissage et quelques années de parcours personnel (temps nécessaire à la maturation profonde de ma compréhension du phénomène), les monstrueuses boules de pétanque qui habitaient régulièrement le plexus de mon adolescence sont devenues de douces petites alertes qui sonnent aujourd’hui comme une sorte de chatouillis, qui se dissout définitivement dès que mon attention s’aiguise à leurs messages. Aussi incroyable que cela puisse paraître cela peut véritablement devenir un jeu, une excitation et même un plaisir quand l’expérience se propose à partir de cette disposition d’esprit.

Angoisse et Ouverture du Coeur !

Récemment j’ai même découvert en entrant plus profondément dans ces petites alertes d »angoisse » qu’elles se traversaient comme une porte et s’ouvraient non seulement sur un sentiment de plaisir, mais aussi potentiellement d’Amour avec un grand « A ». C’était une découverte surprenante, supérieure, profonde et déstabilisante après coup. Je n’ai connu cette ouverture du coeur par l’écoute de l’angoisse qu’une seule fois il y a un an environ et je perçois bien que c’est encore pour moi une étape que je freine à franchir de nouveau. Car comme je l’ai dit cela est déstabilisant et surtout cela change tout… C’est donc une voie que j’ai encore besoin d’explorer, mais il s’agit clairement d’un voie royale et il se pourrait bien en définitif que ce que l’on appelle « Angoisse » soit en fait un puissant message contrarié, refoulé, interdit, rejeté, repoussé, d’Amour pour Soi, la quintessence même de l’Estime de Soi!

à relire… « Qu’est ce que l’angoisse » Chapitre I

P.A.M

Des Pères et Mères « il y en a partout »!

Des Enfants, des Pères et des Mères. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

Comment ouvrir les yeux sur nos demandes intérieures, les valider par nous-même, et les ré-adresser aux bonnes personnes. Vers une autre et bien meilleure lecture de son Estime de Soi.

Des Pères et des Mères « Everywhere » !

Une des plus grandes difficultés pour avancer par rapport à ses besoins existentiels profonds, c’est d’apprendre à lâcher prise sur les personnes supposées être celles qui devraient répondre à ces besoins. En l’occurrence pour résumer, Papa et Maman.

Bébé nous naissons à notre potentiel maximal de connexion avec l’environnement, tout en étant complètement démunie et absolument dépendant des adultes qui serviront d’intermédiaires entre le monde et nous. Le type d’accompagnement et d’écoute dont nous serons entourés aura une influence capitale sur notre développement existentiel.

Sur ce plan-là, aussi blessés que certains ont pu l’être par leur enfance ou leur adolescence, la référence à une enfance parfaite est illusoire; tout le monde porte un karma d’histoire, qu’elle soit personnelle ou transgénérationelle, qui n’est jamais faite uniquement d’empathie, de bienveillance et d’accompagnement créatif, loin s’en faut. À ce sujet-là, l’histoire de l’éducation des enfants, du Moyen Âge jusqu’à nos jours est édifiante; être à l’écoute des besoins des enfants est une invention très récente dans l’histoire des hommes…

Que se passe-t-il alors lorsqu’un enfant (consciemment ou non…) ne se sent pas écouté ni accompagné dans un besoin existentiel profond ? Il arrive le plus souvent, que l’enfant en déduise que si cette écoute ou cet accompagnement n’arrive pas, c’est que ce qu’il demande, ce dont il a besoin, n’est pas valide, n’est pas légitime, n’a pas d’intérêt, est quelque chose qu’on doit maintenir sous silence, interdit, tabou, voire dangereux pour les adultes qui l’entourent. Quel que soit l’accompagnement, maladroit, inexistant, méprisant, humiliant, violent, pervers, punisseur, la conclusion reste la même : pour « survivre », « faire plaisir », « ne pas déranger », « être aimer » etc… mieux vaut peut-être faire disparaître, modifier, camoufler, refouler ce besoin qui sera donc désormais tatoué du sceau de la dévalorisation, de la disqualification, de l’illégitime, du honteux, du dégoûtant, de l’inexistant, ou encore de l’indécent etc.

Le problème, c’est que lorsqu’il s’agit d’un besoin existentiellement capital pour l’enfant, cela se résume à continuer à vivre en niant une partie essentielle de soi-même. Il arrive que l’on puisse vivre des années sans en avoir conscience, car c’est devenu une normalité pour nous-même, mais les conséquences finissent toujours par s’exprimer tôt ou tard sous la forme de symptômes dont il n’est pas toujours facile d’identifier l’origine. Certains de ces symptômes non « résolus » du vivant de la personne seront tout simplement passés à la génération suivante : « Bonne chance mon fils, bonne chance ma fille… »

Le premier traumatisme est celui de ne pas trouver l’accompagnement adéquat à la bonne évolution de son besoin, le second traumatisme plus grave encore est celui de rejeter soi-même son propre besoin ou de le vivre dans la difficulté en intégrant l’absence d’accompagnement comme une conclusion normale de son problème. Je ne peux pas l’avoir, donc je ne l’aurai jamais et si cela me remonte à la gorge, je continuerai à l’adresser aux mêmes personnes, ou au même type de personnes, qui restent dans l’impossibilité de me le donner, me condamnant moi-même à une perpétuelle insatisfaction.

Voilà donc la vraie impasse : on refoule en général nos besoins en même temps que l’absence de réponse à ses besoins, et on en reste souvent bloqué là, dans le renoncement ou la perpétuelle déception. C’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain, si j’ose dire!

Pourtant le problème n’est pas le besoin intime profond qui m’habite depuis l’enfance, le problème vient de savoir à qui l’adresser. La plupart du temps, même quand je renonce à mes propres parents, je continue à faire mes demandes souvent à des personnes que je choisis inconsciemment pour qu’elles soient elles aussi, comme mes parents, dans l’incapacité d’y répondre (un autre membre de ma famille (frères et soeurs par ex.), mon conjoint ou ma conjointe, ou encore mon boss, mon prof, mon docteur, ou n’importe quelle figure d’autorité, etc.).

L’échec vient que, secrètement, je les choisis avec l’idée sous-jacente que la validation de mon besoin viendra de l’extérieur, et que ce sera quand et seulement quand on me le donnera que je me sentirai enfin compris, légitime et satisfait. « Wrong Number! », cette idée (souvent non dite…) à elle seule suffit pour que l’adresse soit toujours la mauvaise, et que le colis vous revienne dans la figure.

En effet, si vous voulez du pain, et que vous vous accrochez désespérément à l’idée que c’est votre boucher qui doit vous le donner, vous risquez de régulières déconvenues… Si vous vous adressez à la mauvaise personne (ou toujours au même type de personne, »et si je demandais au charcutier pour changer… ») c’est parce que dès le départ vous aviez intégré sans le savoir que vous n’aurez pas ce que vous voudrez ce qui nourrira encore plus votre rancoeur envers le pauvre boucher qui vous répète depuis si longtemps qu’il n’en a pas pour vous. Vous êtes alors condamné(e) à rejouer des scénarios fermés et répétitifs. Et quel dommage si en plus vous finissez par renoncer à votre besoin de pain (je n’adresserai plus jamais de demande à personne, c’est trop décevant, trop douloureux, toujours le même scénario, la même fin qui se répète..).

Comment faire sans les Pères et Mères de notre naissance.

Les choses commenceront à changer le jour où vous réaliserez que votre demande est légitime, que vous ne souhaitez pas y renoncer, que ce n’est tout simplement pas la bonne adresse. Il ne vous restera plus qu’à vous mettre enfin en quête d’une boulangerie à laquelle porter votre demande de pain. Dans cet exemple, ce n’est pas le boulanger qui validera votre besoin de pain, c’est vous-même, il s’en suit un processus actif, vous trouverez du pain parce que vous n’attendez plus qu’on vous l’autorise et parce que vous allez le chercher au bon endroit. Identifier « le bon endroit » est affaire de processus, de temps et de reconstruction de l’écoute et de l’Estime de Soi.

Avec l’expérience, votre estime de vous-même grandissante, vous pouvez même apprendre à vous adresser à de meilleurs boulangeries…

Notre problème devient donc:

1) Identifier mes besoins existentiels profonds insatisfaits.

2) Apprendre à les re-qualifier, les re-valoriser comme normaux et essentiels à notre bon développement futur. C’est-à-dire, prendre plus intimement conscience que les êtres humains qui étaient censés le faire, n’ont pas pu, non pas parce que cela ne valait rien, ou que « Je » ne valait rien, mais parce qu’ils avaient eux-mêmes leurs casseroles, leurs histoires d’enfance, leurs handicaps émotionnels, leurs peurs et autres points aveugles et tabous tatoués dans la chair de leur propre éducation sociale, culturelle, religieuse etc.

3) Apprendre, en même temps que la confiance en Soi, à mieux écouter, définir, et mieux adresser, ses besoins, aux bonnes personnes, c’est-à-dire dans le bon cadre et sous la bonne forme, pour que la chance de succès augmente petit à petit et que les cercles vicieux de la déception se transforme en cercle vertueux de la réussite relationnelle.

Et là, bien sûr la première personne à qui adresser votre besoin, c’est vous-même !

Le jour où vous vous validez enfin par l’écoute et l’attention que vous vous portez à vous-même (cf Qu’est-ce que l’Enfant Intérieur ?), et que dans le même temps vous lâchez réellement prise sur l’idée que vos parents sont les seuls responsables et donc les seuls à pouvoir réparer, alors seulement vous pouvez commencer à découvrir que vous pouvez trouver des Mères et des Pères partout autour de vous ! En effet, il suffit d’ouvrir les yeux pour trouver des personnes vers lesquels il est au moins partiellement possible d’adresser sa demande. Cela peut être n’importe qui, certaines de ces personnes auront à coeur de vous accompagner sur certains aspects de vos besoins, et d’autres personnes vous accompagneront sur d’autres aspects, l’important est de ne rien forcer, les demandes se font naturellement au fur et à mesure où l’on sent que la nature de la relation le permet et dans le respect de ce que chacun est vraiment prêt à mettre dans cette relation d’échange. Dans cette configuration et seulement dans cette configuration tout le monde peut y trouver son compte, il peut être aussi gratifiant d’être accompagné(e) que d’être celui qui accompagne.

Nous sommes tous les jours entourés de gens de tous âges qui peuvent, même momentanément, jouer un rôle parental sans que la personne ne devienne réellement un père ou une mère, juste quelqu’un qui s’intéresse, ou se sent pour quelques minutes impliqué(e) dans votre problématique. N’importe quelle rencontre de qualité peut jouer ce rôle dans notre vie, et s’ils ne sont plus limités à papa et maman, alors les possibilités deviennent infinies…

Alors ouvrez les yeux, ouvrez votre coeur d’abords à vous-même, et les « bonnes » personnes deviendront beaucoup plus évidentes dans votre regard renouvelé…

P. A. M.

Qu’est ce que l’Estime de Soi?

Thérapie de L'Estime de Soi. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

Comment aller vers une version approfondie du Respect de Soi ou encore d’une Écoute de Soi attentive et bienveillante.

De nombreuses personnes viennent me voir en formulant leur problème sous la forme d’une baisse ou d’une faiblesse, voir d’une absence d’Estime de Soi. Je pense qu’il est nécessaire de remettre les pendules à l’heure concernant ce sujet très médiatisé de « L’Estime de Soi ».

La véritable Estime de Soi n’a rien à voir avec le fait d’être un « winner » ou une « winneuse ». Ce sont là des visions, des représentations caricaturales issues d’un monde culturel, social et économique centré sur la performance et la réussite à tout prix. À l’image de la dialectique du Maître et de l’Esclave, le « winner » ou la « winneuse » se constituent en rapport avec les « loosers » et « looseuses » qui en sont l’image miroir inverse. L’un ne va pas sans l’autre, car l’un se construit avec l’autre, et aucune dissociation n’est possible. Pour qu’un dominant se sente dominant, il faut obligatoirement qu’il y ait un dominé qui se sente donc dominé par lui.

Croyez-moi ou pas, toute personne enfermée dans cette dualité est dans une impasse existentielle qui se traduit d’un bout à l’autre de la chaîne (que l’on soit en « haut » ou en « bas »), par une recrudescence de burn-out, de problèmes cardiaques, d’anévrismes, d’attaques de panique, d’angoisses chroniques, de dépressions, (peut être même cancers…) et de suicides qui peut toucher de plus en plus de personnes prises dans ce tragique malentendu.

Encore une fois, croyez-moi ou non, mais les médicaments (anxiolytiques, tranquillisants, somnifères, antidépresseurs, béta-bloquants, etc…) destinés à maintenir tout le monde dans ce jeu stupide sont allègrement consommés et de plus en plus par les deux extrémités de cette chaine sans fin. A court ou long terme, Winner et Looser participent au même combat et partagent la même fin…

Beaucoup de personnes viennent donc me voir en construisant leur dévalorisation personnelle par comparaison avec ce type de modèles auxquels ils n’arrivent pas à adhérer. Ils se considèrent en manque d’estime d’eux-même car ils n’arrivent pas ou n’arrivent plus à incarner cette représentation d’une réalité humaine de pure surface. Ils pensent être malheureux parce qu’ils ne sont pas ou ne sont plus, comme ceux qui « assurent », « osent », « réussissent », « s’expriment publiquement », « se montrent sur le devant de la scène », « attirent l’attention et le regard », « ne rougissent pas », « n’ont pas d’angoisses », « ne tremble pas », « ne montrent pas leurs émotions », (peut être même ne font-ils pas caca…) etc.

En effet, dans un fantasme complètement irréaliste, le « winner » n’a pas peur, il fonce sans se poser de questions, il ne déprime pas, ne tombe pas malade, n’hésite pas, ne connaît pas l’impuissance, la frustration, il dépasse le stress et surmonte allègrement toutes les difficultés de la vie, il est tout le temps performant et à la hauteur de la situation… autrement dit si moi, humain normal, je ressens toutes ces choses (peurs, doutes, souffrances, tristesse, décalage…), et que je ne les dépasse pas aussi facilement, je passe forcément dans la catégorie dévalorisée.

Pourtant, je persiste et signe, la baisse de l’Estime de Soi ne vient absolument pas du fait que je ressente toutes ces choses intimes, quelquefois incompréhensibles et difficiles, à l’intérieur de moi, sans savoir comment les gérer. Ces phénomènes sont tous des phénomènes émotionnels naturels à tous les humains. Ces phénomènes émotionnels prennent des formes, des détours et des chemins spécifiques à chacun. Ce n’est pas toujours agréable ni facile à vivre, mais ce sont des moments qu’il est nécessaire de traverser et d’accompagner selon des manières et des rythmes qui sont absolument personnels. Et donc, que l’on ne peut comparer au chemin d’un autre. Du coup, le vrai manque d’Estime de Soi provient avant tout de vouloir à tout prix enfermer, dompter, endoctriner, refouler, ces phénomènes naturels en référence implicite ou explicite à un modèle standardisé, normatif et dénué de sens, comme celui du « winner ». Et pourtant ce modèle (et quelques autres du même genre, comme certains diktats sur les normes physiques) ne convient, la plupart du temps, absolument pas à la réalité intime des humains.

La véritable estime de soi n’a rien à voir avec cela. Il ne s’agit surtout pas de ne pas ressentir toutes ces choses, et de les dépasser ou faire disparaître rapidement. Il s’agit au contraire de les écouter, de les apprivoiser et d’apprendre à les assumer le plus profondément possible pour les laisser se transformer et nous transformer par un processus naturel, qui nous amène à réaliser ce que nous sommes réellement au fond de nous-même. Et non pas ce que nous voudrions être, ou ce que nous croyons que nous voudrions être en rapport avec des standards absurdes, complètement inhumains et irréalistes.

Apprivoiser l’Estime de soi !

L’estime de soi, c’est l’estime que l’on se porte à soi même, ou aussi l’acceptation profonde de qui l’on est, de ce que l’on est, sans comparaison avec un modèle extérieur absurde et fermé sur des poncifs bien délimités. En thérapie comme dans la vraie vie, accompagner la véritable Estime de Soi implique d’accepter émotionellement tout ce qui nous vient de l’intérieur, sans jugement. Ce qui veut dire aussi la tristesse, la peur, la honte, le dégout, la dépression, la jalousie, autant que le plaisir, le désir, la joie, l’amour etc… Se donner de l’estime à soi-même, c’est donc respecter et assumer sa tristesse, respecter et assumer sa peur, respecter et assumer son angoisse, respecter et assumer sa dépression et donc apprendre à l’accompagner et l’apprivoiser pour finalement en faire son allié, et non plus un ennemi qu’il faut faire marcher au pas ou faire taire à tout prix.

Rien de ce qui vient de l’intérieur de Soi n’est là par hasard, tout est nécessaire pour se construite une identité et un destin propres qui n’ont pas besoin d’entrer dans des dualités stériles telles que « winner/looser ». Dès que l’on entre dans le respect de Soi, on accède automatiquement aussi au respect de l’autre tel qu’il est, et non comme on voudrait qu’il soit. L’Estime de Soi devient : « Tel que je suis, et non pas tel que l’on voudrait que je sois ».

Le succès et la réussite s’en suivent automatiquement à court ou long terme, et pas selon une comparaison plaquée sur un modèle unique, mais plutôt comme la réussite d’un chemin spécifique à Soi, et donc potentiellement aussi atypique, qui ne peut pas se connaître à l’avance, mais qui se reconnaît au fur et à mesure qu’on en fait l’expérience et qu’on l’apprivoise en le découvrant.

C’est en vivant cela par Soi-même, en ne projetant plus une fausse idée de Soi par le prisme d’une idéologie qui ne convient absolument pas et absolument plus, que nous pouvons advenir à une réalisation intime plus profonde et plus juste, plus adaptée aux aspirations des êtres humains d’aujourd’hui.

P.A.M