Culpabilité, comment faire avec? Chapitre III

Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychothérapie de la Culpabilité
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18. Travail Emotions Culpabilité, Anxiété, Angoisse

Culpabilité, Chapitre III

Comment traverser la crise de culpabilité?

Si vous avez bien lu les deux précédents chapitres, vous voilà un peu plus conscient que vos crises de culpabilité manifestent en fait des niveaux plus ou moins intenses de la contradiction émotionnelle interne dans laquelle vous êtes. Ceci, face à un choix, une décision ou un positionnement. Une fois que vous savez cela, alors comment faire? Comment traverser ces crises de culpabilité?

Une chose est sûre, face à une contradiction interne, la crise est inévitable et il faut partir du principe que lorsqu’elle arrive, il vaut sincèrement mieux faire de son mieux pour l’apprivoiser et la traverser, plutôt que désespérément essayer de lutter contre ou la mater (ce qui l’obligera à revenir plus tard, de manière répétitive et renforcée). Ces crises et leur dépassements sont en fait, la saine et véritable manifestation d’un passage à la maturité, non plus comme un adulte formaté, mais comme un être humain capable de se remettre en question, de prendre un recul sur ses émotions en acceptant de toutes les vivre comme importantes, quelles soient agréables ou désagréables. Bref tout cela pour nous permettre d’aller à chaque fois vers un être humain un peu plus évolué…

Alors voilà, dés que l’on accepte de reconnaitre puis de regarder en face sa contradiction/culpabilité, les choses peuvent enfin commencer à changer. Il s’agit en fait, en y apportant l’attention nécessaire, de commencer à passer petit à petit d’une philosophie de « l’un OU l’autre » à une Philosophie de « l’un ET l’autre« . Pour cela, la porte de passage est très simple à emprunter mais pas toujours agréable dans un premier temps. Il s’agit de mettre enfin votre attention sur ce que vous appelez « culpabilité ». C’est à dire avant tout, quelque chose qui est en train de se passer dans votre corps et qui justement, tente plus ou moins intensément d’attirer votre attention. Certaines techniques thérapeutiques modernes comme NERTI ou TIPI sont une forme pratique et éfficace à ce que je suis en train d’expliquer ici. Prêtez attention à ce que le corps est en train de vous dire et le travail de métabolisme naturel du corps (la brillante intelligence du vivant) va pouvoir reprendre sa capacité bloquée dans l’enfance ou l’adolescence à métaboliser et à digérer les émotions restées depuis si longtemps agglomérées en vous.

Pour cela, soit au moment de la crise, soit après coup en y repensant, il faut d’abords se mettre en situation de « sécurité » pour pouvoir écouter son corps (et donc s’écouter Soi m’aime) dans les meilleurs conditions possibles. La notion de « sécurité » est très relative à chacun, et pourra par exemple impliquer d’être accompagné dans cette expérience, au moins au début, par une personne bienveillante et expérimentée. Mais ce n’est pas une obligation et le phénomène pourra aussi bien fonctionner en le pratiquant seul. Laissez vous guider par votre intuition pour savoir quelles sont vos besoins spécifiques pour vivre cette expérience dans les meilleures conditions possibles. Maintenant, de manière assez générale, pour se laisser traverser par des sensations qui sont souvent au départ désagréables, il faut être « confortable », c’est à dire bien installé et suffisamment isolé de toutes interactions intempestives. Une fois que cela est fait, il vous suffit d’accepter de vous laisser guider par vos sensations corporelles qui sont le support de votre « culpabilité » et qui manifestent vos émotions contradictoires.

Ces émotions qui au début semblent irréconciliables doivent être écoutées tout d’abords dans le brouhaha indistinct qu’elles manifestent au travers de la crise de culpabilité. Ici chaque sensation est digne de respect et d’attention, la boule dans le ventre, le noeud dans la gorge, les contractions musculaires, contractures, brulures, picotements divers et variés, les mains moites etc… Quoiqu’il vous arrive, y compris le coeur et les poumons compressés, voir la suffocation pour certaines personnes, il s’agit d’une tempête à traverser mais qui d’expérience avec le temps se résout toujours par un soulagement et un bien plus grand calme intérieur. Votre inconscient est toujours au manettes il ne vous fera pas vivre ce que vous n’êtes pas en mesure de traverser. La plupart du temps vous connaissez  déjà bien la première étape des sensations de culpabilité mais vous n’êtes jamais allez au-dela car la réaction à toujours été la fuite, et soit vous réussissiez à refouler, soit vous restiez coincer sur la durée dans cette première intensité désagréable.

Cette fois l’idée c’est de rester et d’explorer la tempête comme le ferait un bon scientifique en ne faisant que recueillir et accueillir les faits, ceux des sensations du corps (laissez tomber les interprétations intelligentes et si votre mental s’invite, ne l’empêcher pas, mais juste essayer de le regarder comme un vache regarderait un train passer…). Sachez qu’il vous est possible d’interrompre l’expérience à tous moment si cela vous semble nécessaire, vous y reviendrez plus tard ou une autre fois si les conditions sont plus favorables (il vous suffit de refaire tout naturellement ce que vous aviez l’habitude de faire avant pour « échapper » à cette culpabilité). Les premiers essais peuvent être les plus difficiles, mais chaque contact conscient avec le phénomène vous en apprends un peu plus sur lui, vous le rend moins impressionnant et vous permettra à chaque pas d’entrer un peu plus en lui. C’est  à dire en vous même et donc de l’apprivoiser un peu plus. Il ne s’agit pas d’une compétition ou d’un forcing, il faut accepter qu’à chaque jours suffit sa peine, et si vous tombez sur une limite qui vous semble indépassable sur le moment, lâcher l’affaire, c’est le mieux que vous puissiez faire aujourd’hui. Notez que c’est souvent aux endroits ou cette méthodologie bloque lorsque vous la pratiquez seul qu’il peut être nécessaire de la pratiquer accompagné par quelqu’un qui connait déjà le chemin et qui l’a déjà pratiqué.

Avec l’accompagnement bienveillant et suffisamment expérimenté, il vous suffit cette fois en plus de ce que vous faisiez seul, de partager votre expérience sensorielle en décrivant chacune des sensations que vous percevez, en restant le plus descriptif possible (c’est à dire ancré uniquement dans votre corps) et le moins interprétatif possible (c’est à dire le moins dans le mental possible). La description et le partage, au fur et à mesure de ce que vous découvrez en vous-même lors de votre traversée, aide à soutenir votre attention sur vous même. Et c’est cette attention sur vous même, qui est le moteur et le fuel dont votre corps à besoin pour développer sa capacité d’auto-guerrison. Dans le cadre thérapeutique que je propose, je rajoute en plus, la possibilité de laisser vos images intérieures (liées plus à votre imaginaire qu’à vos pensées…) vous guider, en même temps que vos sensations, vers l’élaboration de solutions inconscientes qui accompagnent la résolution de vos contradictions internes (je développerai cela ainsi que la question d’une éventuelle transe hypnotique additionnelle, dans de prochains articles..). Ce type de travail est axé sur les ressources naturelles de votre corps/psyché, et ne nécessite absolument aucunes réflexions intellectuelles sur l’origine historique de vos contradictions internes, ni de connaissances techniques particulières sur les processus psycho/biologiques mis en oeuvre ici. Même si il est possible que vous passiez, par ailleurs, quand même, incidemment dans ce processus, par des prises de conscience clairvoyantes sur votre situation de vie personnelle.

Que vous pratiquiez seul ou accompagné, le résultat, essais après essais (souvent dés la première fois) est le rééquilibrage interne, la réconciliation émotionnelle (le fameux « l’un et l’autre » dont votre psychisme à besoin pour avancer…). C’est le moment où symboliquement, sans que vous ayez réellement besoin ensuite de dire le moindre mot, l’enfant intérieur se relève et fait face à l’autorité (parents ou société). En continuant à lui prêter cette attention qui le porte, cet enfant en vous, peut alors enfin assumer de faire comprendre qu’il ou elle ne fait pas ce qu’elle fait, ou qu’elle à besoin de faire, pour nuire, faire du mal ou désobéir, mais parce que c’est son intuition profonde que c’est le meilleur choix pour lui-même, que c’est par ce chemin d’expérience qu’il doit passer et que si ils l’aiment comme lui les aime, ils l’accompagneront du mieux qu’il peuvent dans sa réalisation, et sinon, il ira de toute façon là où il doit aller car il ne peut peut pas en être autrement…

Sortir des dualités contradictoires qui nous bloquent, est ce que l’on fait naturellement et régulièrement dans tous les endroits où l’on ne ressent justement plus de culpabilité car on ressent de manière beaucoup plus claire la justesse de  ses choix ou de ses actes (à ne pas confondre avec les personnes qui se coupent de leurs ressentis et dont certaines peuvent aussi se couper de toute culpabilité…). Hors, comme toute « dualité », les oppositions intérieures que nous vivons entre nos représentations et nos émotions, entre nos émotions elles même, sont essentiellement issu de l’hypertrophie et de la dictature de notre mental. Celui ci ne pourra donc pas  vous aider à résoudre des problèmes qu’il a lui même participer à créer. Sortir du mental par le biais de l’écoute du corps est donc la solution rêvée et naturelle pour accueillir sa culpabilité et lui rendre, par l’attention qu’elle mérite, un peu plus de cette bienveillance qui seule peut lui redonner consciemment sa capacité à nous informer et nous guider vers des seuils nouveaux de notre évolution personnelle.

Bon Voyage!

P.A.M

A relire : »Culpabilité à quoi tu sers? Chap I »

A quoi sert le Dégoût? Chapitre Deuxième.

Psychothérapie du Dégoût, Psychothérapie de la Culpabilité, Psychothérapie de la Dépression, Psychothérapie de l'Angoisse.
Pascal Acklin Mehri, Psychologue Psychothérapie Paris

A quoi sert le Dégoût? Chapitre Deuxième.

Dégoût et Loi Universelle!

Le Dégout, en règle générale, est associé dans sa représentation psychologique, au rejet et à la distanciation. Son corollaire « positif » est l’Attraction qui mène souvent vers une représentation psychologique du désir et de l’appropriation. Ainsi, le couple dégout/attraction est facilement associé avec le couple rejet/désir. Ce qui en langage mental peut vite être traduit par « je suis aimé » ou « je ne suis pas aimé ».

Notez que l’attraction que l’on ressent ou suscite, peut être quelque fois aussi difficile à recevoir que le dégoût que l’on vit ou dont on fait l’objet. Et ceci est dû justement au fait que l’on les associe implicitement aux couple rejet/désir, ce qui ramène en fin de compte, toujours et encore à la question de base, « être ou ne pas être aimé ». Remarquez au passage que quelque soit le mot, aimé, désiré, rejeté, son association avec la question « être ou ne pas être » lui donne une résonance existentielle particulièrement dramatique selon le degré d’adhérence à cette association. Si je pense que ressentir du dégout au contact de quelqu’un, cela implique de le rejeter et donc de nier son existence, cela devient un traitement violent que je ne veux ni subir ni faire subir. Et me voilà coincer avec une émotion puissante que je ne peux que refouler ou exprimer violemment. Ce type d’impasse est particulièrement énergi-vore et dépresso-géne.

Alors arrêtons nous un instant et parlons de répulsion au lieu de dégout. Ce sont deux mots qui s’associent parfaitement, car la répulsion exprime encore beaucoup plus complètement, dans sa dimension corporelle, ce que le dégout provoque en nous intuitivement, dans nos tripes, du besoin de repousser ou de s’éloigner de quelque chose ou de quelqu’un. Nous voilà avec une autre version de notre couple Désir/Rejet qui serait alors Attraction/Répulsion. Hors il se trouve que le phénomène d’Attraction/Répulsion est à la base autant de notre Système Solaire que de l’organisation et équilibre Atomique. Que se soit sur le plan Macro-cosmique des planètes ou micro-cosmique des molécules et atomes, tout trouve sa cohérence sur de savante interaction d’attraction et de répulsion. L’être humain constitué d’atomes et existant sur une planète au milieu d’un Univers, est inévitablement aussi le jouet de ces interactions internes et externes. On parle de l’Attraction Universelle qui est un phénomène qui n’existe obligatoirement que couplé avec un phénomène tout aussi universel de Répulsion. Comme le mental humain est branché sur une vision artificielle du positif et du négatif, on ne parle jamais du phénomène de Répulsion Universel. Pourtant l’un ne va pas sans l’autre, pensez un instant que si il n’existait que de l’attraction, tout serait très vite agglutiné en une masse de plus en plus informe et compacte, une fusion, incompatible avec la vie.

Selon moi, Désir et Dégoût sont le pendant des lois universelles de l’Attraction et de la Répulsion. Dans leur version psychologique malheureusement elle prennent, chez l’humain, par le filtre du mental, une teinte positive ou négative. Mais a-t-on jamais vu la Terre se plaindre de la distance que la Lune à prise ce soir là, et que se passerait t-il si les deux n’était qu’attirées l’une par l’autre? Ou encore si une molécule pouvait se sentir mal car d’autres molécules n’ont pas voulu interagir avec elle ?!? Dans la nature, le couple Attraction/Répulsion est un phénomène parfaitement adapté au fonctionnement de l’Univers. Nous faisons partie de cet Univers, comment pourrions nous considérer ce phénomène autrement que parfait pour nous aussi?

Et si, comme toutes les émotions qui nous traversent, le sentiment d’attraction ou de répulsion était l’expression de phénomènes d’une portée bien plus puissante et importante qui dépassent de loin la pauvre interprétation psychologique responsable de nos principales difficultés, à les vivre plus librement et plus simplement?! Comme je l’avais déjà souligner dans l’article précédent, si l’on enlève la représentation moralisante « négatif ou positif » alors on se retrouve uniquement avec un phénomène universel à écouter absolument. Car écouter et prêter attention résout instantanément cette putain d’équation « être ou ne pas être ». Il n’y a plus de question dés que je suis présent à moi même car dés que je ressent, je suis! Et si je suis dans l’instant présent de ce que mon corps, et l’univers au travers lui, m’informe, je suis alors au contact de la seule information qui me soit capitale (infiniment plus importante que le 20h…) pour suivre ou reprendre la seule direction nécessaire de mon existence. Si je suis mal (mal être) ce n’est donc pas parce que je ressent du dégout ou de l’attraction, mais parce que je ne sais pas (ou plus) accueillir sans juger, l’inconfort premier d’une énergie puissante qui me traverse, pour la laisser me guider dans la direction d’une réalisation plus profonde de moi même.

Changer de cadre de représentation est souvent en psychothérapie la base nécessaire pour débuter un changement dans sa vie. Et si pour débuter ce changement vous acceptiez de regarder vos émotions, et même le dégout, dans un cadre et un point de vue radicalement différent de celui qui mène à « lutter contre »? J’espère avoir contribué à ma manière à vous aider à aller dans ce sens. Alors quand vous ressentirez du dégout, la prochaine fois, rappelez vous que, comme dans l’espace intersidéral ou dans l’infiniment petit, si je m’éloigne de quelque chose, c’est obligatoirement que je me rapproche d’autre chose, même si je ne sais pas encore ce que c’est. Et chez les humains cela veut dire s’éloigner du connu auquel on se croyait attaché pour se rapprocher de l’inconnu auquel on aspire même secrètement…

à bientôt,

P.A.M

à relire… « A quoi sert le Dégoût », Chapitre Premier.

Culpabilité, à quoi tu sers? Chapitre II

Thérapie de la Culpabilité. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Apprivoiser sa culpabilité.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

CULPABILITE, Chapitre II

Entendons nous bien si je dis que la crise est « saine », c’est qu’elle manifeste de manière tout à fait normale, au début de la vie de l’enfant la contradiction entre ce que lui veux et ce que veux l’environnement. Ceci est inévitable quelque soit la qualité de l’éducation donné à son enfant. Et ceci restera valable pour l’adulte en grandissant, tant qu’il n’aura pas trouvé mieux pour faire face à ses équations contradictoires intérieurs, il traversera lui aussi des crises. Le problème n’est donc pas la crise elle même, ni le fait que, bien sur, il n’est pas possible d’adhérer immédiatement à tous les « je veux » de nos progénitures pas plus qu’à ceux de l’adulte. Le problème de la Culpabilité commence lorsque s’intercale dans le phénomène naturel de l’opposition et de la crise, les considérations morales jugeantes et dévalorisantes du bien et du mal, du « être gentil » ou être méchant » qui en langage inconscient humain sont intimement traduite par « être ou ne pas être « Aimer ».

Si par exemple j’interdis cette délicieuse glace à la vanille à mon fils de 4 ans par ce que nous sommes cinq minutes avant le repas de midi. Je fais un choix, par rapport à mes valeurs, quelques soient mes raisons qui pour moi semblent les plus évidentes et naturelles du monde, je fais le choix que se sera comme cela et pas autrement. J’impose donc ma vision des choses à mon enfant, ce qui je le répète, est plus ou moins inévitable dans l’éducation. D’ailleurs, j’ai moi même (comme adulte ancien enfant) eu à faire face à de tel moments d’imposition dans ma propre enfance où certaines règles ou valeurs m’ont été imposées selon des manières plus ou moins violente. Aujourd’hui à mon tour en position d’autorité, j’ai rejeté certaines de ces impositions qui ont confirmé pour moi leur aberrations et leur injustices, d’autres ce sont confirmées pour moi dans leur nécessité et justesse, et j’en répète bêtement certaines autres de manière in-questionnées car j’y ai adhéré à l’époque sans penser ou pouvoir, les remettre en question.

(A ce propos, les « crises » de nos enfants sont quelques fois aussi des occasions cachées de profondément remettre en question certaines de ces sacro-saintes valeurs jamais réellement et sérieusement remise en question).

Mais pour le moment présent je suis convaincu qu’un enfant ne doit pas manger une glace cinq minutes avant le repas, et si c’est ce que je pense être le plus juste, il va devoir faire avec. Ici commence la crise, car mon enfant à une tout autre vision de la situation et de son besoin le plus immédiat. Il fait donc une crise car au moment de maturité de sa courte vie c’est le seul moyen qu’il a de manière saine de gérer la contradiction dans laquelle cela, c’est à dire je, le met. De ma réaction dépends alors le niveau de potentiel résolution de cette contradiction et son devenir et développement progressif chez mon enfant, expérience après expérience. Je peux par exemple le laisser faire sa crise sans lui donner cette glace au final, en sécurisant le périmètre du mieux que je peux pour son bien être comme pour le mien. Ici l’apprentissage est autant pour le parent que pour l’enfant, car il n’est pas toujours facile de vivre la crise d’un enfant. Il apprend alors à faire face petit à petit aux contradictions dans lequel son contact avec les « règles » du monde adulte le confronte inévitablement tout en percevant de plus en plus clairement qu’il n’obtiendra pas toujours tout de suite ce qu’il veut. Mais il le fait en sécurité sentant que sa contradiction est normale et respectée (donc aimée) et non pas dévalorisée. Le travail de l’enfant est ici en parallèle avec celui du parent qui doit apprivoiser ses propres contradictions réactivées éventuellement par la crise de son enfant. Je viens de décrire la méthode qui me semble idéale que j’essaye de suivre moi même (pas toujours facile…).

Maintenant dans la même situation, je peux faire un autre choix et ne pas accepter la crise de mon enfant, autrement dit non seulement je lui impose mon point de vu (et pourquoi pas si cela me semble juste pour sa propre protection) mais par contre je souhaite en plus qu’il adhère sans résistance ( ce que l’on appelle l’obéissance) et donc je nie la contradiction dans laquelle il se retrouve naturellement entre ce qu’il ressent être son besoin et ce que je lui impose qui me semble juste à moi. Je nie le temps qui est logiquement nécessaire pour n’importe qui et à fortiori un enfant, pour qu’il puisse d’abords digérer sa crise et puis d’expérience en expérience percevoir et intégrer la valeur et le sens plus profond de cette règle que je lui impose. Ceci dans la supposition ou la dite règle à vraiment du sens, mais à un niveau qui n’est pas tout de suite accessible à l’enfant, donc à condition que cette règle ne soit pas un simple abus de pouvoir.

Si lors de cette crise, l’enfant manifeste son mécontentement et que je ne l’accepte pas, je manifeste en retour mon propre mécontentement de parent fasse à son mécontentement. Malheureusement cela signifie que je suis en miroir avec lui et que je ne sais pas mieux faire que lui face à la frustration qu’il n’adhère pas immédiatement avec l’évidente validité de ce qui me semble juste à moi. Et si je rajoute un commentaire désobligeant, jugeant et dévalorisant cela devient pour l’enfant inconsciemment un message de type… « cette crise qui manifeste en moi la contradiction intérieure dans laquelle je suis, est nulle et non avenue, elle fait de moi quelqu’un de non aimable, je devrait adhérer immédiatement et je ne devrait pas vivre ou exprimer cette contradiction » ce qui est un paradoxe inextricable au vu de la réalité du fonctionnement humain. La suite rentre alors dans la logique de ce que j’ai décrit au chapitre premier…

En résumé, la crise de l’enfant (souvent plus extériorisée) ou de l’adulte (souvent plus intériorisée) est une première réaction normale consécutive à la mise en face d’une contradiction intime entre un choix et un autre que nous n’arrivons pas à penser compatible. ( je ne peux pas en même temps, ne pas prêter mes jouets, et faire plaisir à mes parents…). Si j’obéis, j’écrase mon besoin premier (qui n’est pas moins légitime que celui de mes parents) et je suis donc en contradiction avec moi même. Et si je fais le choix d’honorer d’abords mon besoin personnel intime je reste dans une profonde contradiction. Cette contradiction voit s’opposer la valorisation que je viens de faire de mon besoin et la dévalorisation de ce choix par le système ambiant (règles, valeurs, parents…), système auxquels je suis étroitement lié donc encore très dépendant puisque cela m’affecte plus ou moins fortement dans ma vie quotidienne. Ce que l’on appelle la Culpabilité manifeste l’importance de cette contradiction et la dévalorisation associée aux paroles et comportements (voir brimade..) de désapprobation auxquelles on a dû faire face. La puissance de ces contradictions dévalorisantes répétées, amplifiées et intégrées grâce à une série d’expériences répétitives, conditionnera la cohérence et l’équilibre avec lesquels je ferais puis je vivrais les différents choix de mon existence.

à suivre… « Culpabilité, comment faire avec? » Chapitre III

P.A.M

La Culpabilité, à quoi ça sert? Chapitre I

Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9. Psychologie de la Culpabilité.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

CULPABILITE !!! Une réalité qui hante nombre d’humains sur cette planète. Manifestation entêtante et persécutante de la Faute originelle? Punitions douloureuse céleste pour toutes nos erreurs ou nos divergences négatives? Ou encore angoissante persécution de nos entrailles pour manifester l’opprobre et la honte de tous nos vices cachés?

ABSOLUMENT PAS!!!!

Toute mon expérience de Thérapeute tend vers une conclusion qui n’a rien avoir du tout avec la sacro sainte faute, ou la punition de nos pêchers ou de nos « mauvaises » actions ou intentions.

Toutes les sensations corporelles que nous relions au sentiment de culpabilité sont purement et simplement une information dense du Soi inconscient qui nous informe sur l’existence d’une contradiction intérieure profonde dont les conséquences existentielles sont suffisamment importantes pour que notre corps et l’inconscient derrière, tentent par tous les moyens, même les plus désagréables, d’attirer notre attention dessus.

Bien sûr, tant que nous interprétons ses signaux « désagréables » de manière totalement conditionnée comme la résultante dune faute ou d’une punition, il est impossible d’en apprivoiser la « substantifique moelle ». Et si nous avons appris très tôt dans l’enfance à nourrir cette interprétation négative de nous même et de ce que notre corps nous dit, alors les sensations associées à ce que l’on appelle la culpabilité, peuvent quelque fois devenir insupportables.

Pourtant on peut comprendre plus facilement avec la douleur quand on se blesse physiquement, qu’il s’agit une information, désagréable peut être, mais absolument indispensable pour attirer notre attention sur un problème dont il va falloir prendre soin. C’est exactement la même chose dans le cas des sensations désagréables associées à la « culpabilité », sauf que sans décryptage et plusieurs siècles de bidonnages interprétatif social, culturel et religieux, il n’est plus possible d’entrevoir une interprétation qui soit respectueuse de soi-même.

Cette interprétation bien plus respectueuse de Soi, concernant les sensations de culpabilité, est la suivante…

Imaginons un petit enfant qui joue tranquillement au bac à sable, il ne souhaite pas prêter sa pelle ou son seau, quelques soient ses raisons, mais un de ses parent intervient en lui faisant comprendre que c’est « vilain » de ne pas partager et il lui demande donc de le faire voir même il l’oblige à le faire. Ici commence un débat intérieur et une contradiction qu’il est difficile à résoudre pour l’enfant. Equation qui s’aggrave avec le temps et le niveau de névrose du milieu ambiant…

L’équation intérieure est la suivante, je veux faire plaisir à mon papa ou ma maman car je ne veux pas qu’ils me considèrent comme « vilain » ou « méchant » ce qui en langage inconscient d’enfant se traduit par le pire des résultats, le pire des fantasmes… « ils vont cesser de m’aimer ». Et d’un autre coté, toutes mes tripes me disent que je ne veux pas prêter mes jouets. Peut être que je veux juste rester seul, tranquille ce jour là, ou à ce moment là, peut être que je perçois (comme nous le faisons tous adulte..) que cet autre enfant ne me revient pas et que je ne souhaite pas d’interaction particulière spécifiquement avec celui là, ou peut être tout simplement que je suis à un âge où délimiter et protéger mon « territoire » est instinctivement bien plus capital pour l’instant, que de répondre à une instance social de la politesse, du « politiquement correcte » de ma mère envers la fille de la voisine avec qui elle veut rester en bon termes, ou du système de valeur de mon père qui implique que partager c’est bien. (Ce qui ne veut pas dire que « partager » n’est pas aussi une bonne chose, c’est obliger à partager qui peut poser problème, puis faire peser une dévalorisation sur l’enfant qui veut suivre un autre choix que celui du parent…)

Me voilà donc avec un dilemme dont chaque choix peut avoir des conséquences désagréables, soit je pique une crise (probablement la réaction la plus saine..), soit je m’écrase et je fais ce que l’on me demande. La crise me permet d’assumer mon besoin profond mais me confronte au fait de déplaire à mes parents, et m’écraser, par définition écrase mon besoin premier mais m’assure l’appréciation positive de mes parents. Dans un cas comme dans l’autre le niveau d’intensité de la contradiction réglera le niveau d’intensité de ce que l’on appelle la culpabilité. Et ce niveau d’intensité dépendra directement de ce que je ressent du type de réaction de mon environnement. Plus la réaction est « difficile » et plus le phénomène prendra de l’ampleur avec le temps, la répétition et de manière variable selon les valeurs, les tabous et les souplesses ou rigidités de l’environnement familial, social, culturel ou religieux. Cette équation, et la manière dont on m’a aidé à la vivre, m’accompagnera tout au long de ma vie, ici commence le chemin de croix de la culpabilité qui se déclenchera chaque fois que dans cette vie je voudrais valider un besoin personnel qui ne serait pas en accord avec des valeurs, des règles ou des attentes qu’elles soient réelles, supposées, imaginaires, implicites ou explicites, qu’elles soient extérieures à moi ou intériorisées en moi…

A suivre… « Culpabilité, à quoi tu sers? Chapitre II

P.A.M

Des Pères et Mères « il y en a partout »!

Des Enfants, des Pères et des Mères. Cabinet de Psychothérapie. 7 rue Pierre Haret, Paris 9.
Cabinet de Psychothérapie. Au carrefour de Paris 8, Paris 9, Paris 17 et Paris 18.

Comment ouvrir les yeux sur nos demandes intérieures, les valider par nous-même, et les ré-adresser aux bonnes personnes. Vers une autre et bien meilleur lecture de son Estime de Soi.

Des Pères et des Mères « Everywhere »!

Une des plus grande difficultés pour avancer par rapport à ses besoins existentiels profonds, c’est d’apprendre à lâcher prise sur les personnes supposées être celles qui devraient répondre à ces besoins. En l’occurrence pour résumer, Papa et Maman.

Bébé nous naissons à notre potentiel maximum de connexion avec l’environnement, tout en étant complètement démunis et absolument dépendants des adultes qui serviront d’intermédiaires entre le monde et nous. Le type d’accompagnement et d’écoute dont nous serons entourés aura une influence capitale sur notre développement existentiel.

Sur ce plan là, aussi blessés que certains ont pu l’être par leur enfance ou leur adolescence, la référence à une enfance parfaite est illusoire, tout le monde porte un karma d’histoire, qu’elle soit personnelle ou trans-générationelle, qui n’est jamais faite uniquement d’empathie, de bienveillance et d’accompagnement créatif, loin s’en faut. A ce sujet là, l’histoire de l’éducation des enfants, du Moyen Age jusqu’à nos jours est édifiante, être à l’écoute des besoins des enfants est une invention très récente dans l’histoire des l’hommes…

Que se passe t-il alors, lorsqu’un enfant (consciemment ou non…) ne se sent pas écouté ni accompagné dans un besoin existentiel profond? Il arrive le plus souvent, que l’enfant en déduise, que si cette écoute ou cet accompagnement n’arrive pas, c’est que ce qu’il demande, ce dont il a besoin, n’est pas valide, n’est pas légitime, n’a pas d’intérêt, est quelque chose qu’on doit maintenir sous silence, interdit, tabou, voir même dangereux pour les adultes qui l’entourent. Quelque soit l’accompagnement, maladroit, inexistant, méprisant, humiliant, violent, pervers, punisseur, la conclusion reste la même, pour « survivre », « faire plaisir », « ne pas déranger », « être aimer » etc… mieux vaut peut être faire disparaitre, modifier, camoufler, refouler ce besoin qui sera donc désormais tatouer du sceaux de la dévalorisation, de la disqualification, de l’illégitime, d’honteux, de dégoutant, d’inexistant, ou encore indécent etc…

Le problème, c’est que lorsqu’il s’agit d’un besoin existentiellement capital pour l’enfant, cela se résume à continuer à vivre en niant une partie essentielle de soi même. Il arrive que l’on puisse vivre des années sans en avoir conscience car c’est devenu une normalité pour nous même, mais les conséquences finissent toujours par s’exprimer tôt ou tard sous la forme de symptômes dont il n’est pas toujours facile d’identifier l’origine. Certains de ces symptômes non « résolus » du vivant de la personne, seront tout simplement passés à la génération suivante: « Bonne chance mon fils, bonne chance ma fille »…

Le premier traumatisme est celui de ne pas trouver l’accompagnement adéquat à la bonne évolution de son besoin, le second traumatisme plus grave encore est celui de rejeter soi même son propre besoin ou de le vivre dans la difficulté en intégrant l’absence d’accompagnement comme une conclusion normale de son problème. Je ne peux pas l’avoir, donc je ne l’aurais jamais et si cela me remonte à la gorge je continuerai à l’adresser aux même personnes, ou au même type de personnes, qui restent dans l’impossibilité de me le donner, me condamnant moi même à une perpétuelle insatisfaction.

Voilà donc la vraie impasse, on refoule en général nos besoins en même temps que l’absence de réponse à ses besoins, et on en reste souvent bloqué là, dans le renoncement ou la perpétuelle déception. C’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain si j’ose dire!

Pourtant le problème n’est pas le besoin intime profond qui m’habite depuis l’enfance, le problème vient, de savoir à qui l’adresser. La plupart du temps, même quand je renonce à mes propres parents, je continue à faire mes demandes souvent à des personnes que je choisi inconsciemment pour qu’elles soient elles aussi, comme mes parents, dans l’incapacité d’y répondre (un autre membre de ma famille (frères et soeurs par ex…) mon conjoint ou ma conjointe, ou encore mon boss, mon prof, mon docteur, ou n’importe qu’elle figure d’autorité etc…).

L’échec vient que secrètement, je les choisis avec l’idée sous jacente que la validation de mon besoin viendra de l’extérieur, et que se sera quand et seulement quand on me le donnera que je me sentirai enfin compris, légitime et satisfait. « Wrong Number!!! », cette idée (souvent non dite…) à elle seule suffit pour que l’adresse soit toujours la mauvaise, et que le colis vous revienne dans la figure.

En effet, si vous voulez du pain, et que vous vous accrochez désespérément à l’idée que c’est votre boucher qui doit vous le donner, vous risquez de régulières déconvenues… Si vous vous adressez à la mauvaise personne (ou toujours le même type de personne, »et si je demandait au charcutier pour changer… ») c’est parce que dés le départ vous aviez intégré sans le savoir que vous n’aurez pas ce que vous voudrez ce qui nourrira encore plus votre rancoeur envers le pauvre boucher qui vous répète depuis si longtemps qu’il n’en a pas pour vous. Vous êtes alors condamné(ée) à rejouer des scénarios fermés et répétitifs. Et qu’elle dommage si en plus vous finissez par renoncer à votre besoin de pain (je n’adresserai plus jamais de demande à personne, c’est trop décevant, trop douloureux, toujours le même scénarios, la même fin qui se répète..).

Comment faire sans les Pères et Mères de notre naissance.

Les choses commenceront à changer le jour ou vous réaliserez que votre demande est légitime que vous ne souhaitez pas y renoncer que ce n’est tout simplement pas la bonne adresse. Il ne vous restera plus qu’à vous mettre enfin en quête d’une boulangerie à laquelle porter votre demande de pain. Dans cet exemple, ce n’est pas le boulanger qui validera votre besoin de pain, c’est vous même, il s’en suit un processus actif, vous trouverez du pain parce que vous n’attendez plus qu’on vous l’autorise et parce que vous allez le chercher au bon endroit. Identifier « le bon endroit » est affaire de processus, de temps et de reconstruction de l’Ecoute et de l’Estime de Soi.

Avec l’expérience, votre estime de vous-même grandissante, vous pouvez même apprendre à vous adresser à de meilleurs boulangeries…

Notre problème devient donc:

1) Identifier mes besoin existentiels profonds insatisfaits

2) Apprendre à les re-qualifier, les re-valoriser comme normaux et essentiels à notre bon développement futur. C’est à dire prendre plus intimement conscience que les êtres humains qui étaient censés le faire, n’ont pas pu, non pas parce que cela ne valait rien, ou que « Je » ne valait rien, mais parce qu’ils avaient eux même leurs casseroles, leurs histoires d’enfance, leurs handicaps émotionnels, leurs peurs et autres points aveugles et tabous tatoués dans la chair de leur propre éducation sociale, culturelle, religieuse etc…

3) Apprendre, en même temps que la confiance en Soi, à mieux écouter, définir, et mieux adresser, ses besoins, aux bonnes personnes, c’est à dire dans le bon cadre et sous la bonne forme, pour que la chance de succès augmente petit à petit et que les cercles vicieux de la déception se transforme en cercle vertueux de la réussite relationnelle.

Et là, bien sûr la première personne à qui adresser votre besoin, c’est vous même!!!

Le jour où vous vous valider enfin par l’écoute et l’attention que vous vous portez à vous même (Cf Qu’est ce que l’Enfant Intérieur?), et que dans le même temps vous lâcher réellement prise sur l’idée que vos parents sont les seuls responsables et donc les seuls à pouvoir réparer, alors seulement vous pouvez commencer à découvrir que vous pouvez trouver des Mères et des Pères partout autour de vous! En effet, il suffit d’ouvrir les yeux pour trouver des personnes vers lesquels il est au moins partiellement possible d’adresser sa demande. Cela peut être n’importe qui, certaines de ces personnes auront à coeur de vous accompagner sur certains aspects de vos besoins, et d’autres personnes vous accompagneront sur d’autres aspects, l’important est de ne rien forcer, les demandes se font naturellement au fur et à mesure où l’on sent que la nature de la relation le permet et dans le respect de ce que chacun est vraiment prêt à mettre dans cette relation d’échange. Dans cette configuration et seulement dans cette configuration tout le monde peut y trouver son compte, il peut être aussi gratifiant d’être accompagner que d’être celui qui accompagne.

Nous sommes tous les jours entourés de gens de tous âges qui peuvent, même momentanément, jouer un rôle parental sans que la personne ne devienne réellement un père ou une mère, juste quelqu’un qui s’intéresse, ou se sent pour quelque minutes impliquer dans votre problématique. N’importe qu’elle rencontre de qualité peut jouer ce rôle dans notre vie, et si ils ne sont plus limités à papa et maman, alors les possibilité deviennent infinies…

Alors ouvrez les yeux, ouvrez votre coeur d’abords à vous même, et les « bonnes » personnes deviendront beaucoup plus évidentes dans votre regard renouvelé…

P.A.M